La reconstruction de Lorient après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale a remodelé son tissu urbain sur un sous-sol complexe, où le socle hercynien affleure par endroits tandis que des remplissages sédimentaires et des remblais historiques occupent les vallées du Scorff et du Blavet. Dans ce contexte, la variabilité latérale des terrains peut piéger une étude géotechnique qui ne s'appuierait que sur des sondages ponctuels. Pour couvrir des emprises linéaires ou des zones d'accès difficile près des bassins portuaires, notre laboratoire met en œuvre la résistivité électrique par SEV, une méthode qui image les contrastes de conductivité sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur sans remanier le sol. L'interprétation des résistivités permet de distinguer les altérites argileuses, les niveaux sableux saturés et le toit rocheux sain, trois éléments déterminants pour caler un modèle géotechnique fiable sous Lorient.
Un profil de résistivité bien calé sous Lorient vous donne une coupe continue du toit rocheux avant même d'avoir ouvert une tarière.
Comment nous travaillons
Facteurs du sol local
Sur le terrain, nous déployons un résistivimètre à commutation automatique avec un jeu d'électrodes en acier inoxydable, enfoncées de 30 cm dans le sol pour garantir un bon contact galvanique. Le risque technique principal à Lorient ne vient pas de l'appareillage mais des courants telluriques vagabonds : la proximité des lignes caténaires SNCF, des installations électriques du port de pêche de Keroman et des éoliennes offshore peut parasiter la mesure. Notre équipe compense cet effet en répétant les injections de courant et en filtrant le signal sur plusieurs cycles d'empilement. Un autre piège, plus insidieux, concerne les remblais hétérogènes du centre-ville reconstruit : des poches de gravats et de sable propre peuvent artificiellement donner des résistivités élevées, mimant un horizon compétent. Nous croisons donc systématiquement les données SEV avec la carte géologique à 1/50 000 du BRGM et avec les logs de sondages voisins quand ils existent, pour ne pas confondre un remblai drainant avec un massif rocheux.
Cadre normatif
NF EN 1997-2 : reconnaissance géotechnique par méthodes géophysiques, NF P 94-500 : missions géotechniques (classification et application), Guide technique LCPC - Méthodes géophysiques de subsurface
Prestations techniques associées
Profil SEV pour fondations profondes
Tracé du toit rocheux sous recouvrement altéritique, avec calage des profondeurs de pieux. Livrable sous forme de coupe géo-électrique interprétée et fichier numérique des sondages.
Détection de venues d'eau et de karsts
Cartographie des zones de faible résistivité en contexte calcaire ou fracturé. Utilisé avant les campagnes de pieux pour anticiper les pertes de boue ou les cavités.
Tomographie électrique 2D pour ouvrages linéaires
Pseudo-section de résistivité le long de tracés routiers ou de digues. Permet de repérer les variations latérales de faciès sur des linéaires pouvant atteindre 300 m en une journée d'acquisition.
Paramètres typiques
Questions et réponses
Quel budget prévoir pour une campagne SEV à Lorient ?
Une mission de résistivité électrique incluant 4 à 6 SEV avec rapport d'interprétation se situe entre 510 € et 1060 € hors taxes, selon la longueur des lignes déployées et la complexité du traitement. Nous établissons un devis détaillé après examen du plan de situation et de la géologie attendue.
Le SEV fonctionne-t-il sur les terrains granitiques du pays de Lorient ?
Parfaitement. Le granite sain et les granulites présentent une résistivité très élevée, ce qui crée un contraste net avec les arènes granitiques et les altérites conductrices au-dessus. La méthode est donc très efficace pour cartographier l'épaisseur d'altération avant la mise en œuvre de semelles ou de fondations superficielles.
Quelle profondeur maximale peut-on atteindre avec un SEV en contexte urbain ?
En déployant une ligne AB de 200 m, nous investiguons couramment jusqu'à 40-50 m de profondeur. En ville, la longueur de ligne est souvent limitée par la voirie et les obstacles, mais nous adaptons le dispositif Schlumberger pour maximiser la pénétration tout en restant dans l'emprise disponible.
Comment faites-vous la différence entre une nappe salée et une nappe d'eau douce ?
L'eau de mer et les biseaux salés présentent une résistivité très basse, inférieure à 5 ohm.m, alors qu'une eau douce de circulation dans des fractures du socle se situe plutôt entre 30 et 100 ohm.m. Nous utilisons cette signature pour cartographier l'intrusion saline dans les aquifères côtiers, une problématique récurrente sur la rade de Lorient.
