Un projet de réhabilitation sur les anciens remblais portuaires du quai des Indes, à Lorient, exige une connaissance précise de la stratigraphie avant toute fondation. Nous avons mobilisé un piézocône de 20 tonnes pour caractériser 18 mètres de sol sans refus, traversant des limons sableux compacts puis un horizon argileux sensible. L’essai CPT fournit un profil continu de résistance de pointe (qc), de frottement latéral (fs) et de pression interstitielle (u2), ce qui permet de distinguer les lentilles drainantes des passées compressibles. À Lorient, où le substratum schisteux affleure par endroits et s’enfonce ailleurs sous des alluvions marines, cette méthode évite les interpolations hasardeuses entre deux sondages. Le rapport inclut l’interprétation selon Robertson (2016) et les abaques de classification des sols, livré sous cinq jours ouvrés.
Avec le piézocône, nous identifions en continu les lentilles de sable drainant dans les argiles de la rade de Lorient, là où un simple sondage carotté peut manquer une couche.
Comment nous travaillons
Facteurs du sol local
Entre le secteur de Keroman, bâti sur des remblais hétérogènes gagnés sur la mer, et les coteaux granitiques de Ploemeur, le contraste géotechnique à Lorient est brutal. Sur le port de pêche, un essai CPT peut révéler une couche de vase molle de 4 mètres sous une croûte sableuse de 1 mètre, avec des résistances de pointe inférieures à 0,5 MPa. Le risque de poinçonnement sous un radier est alors critique. À l’inverse, sur le plateau de Caudan, le refus au piézocône survient parfois avant 2 mètres sur la roche altérée, mais des filons de granite sain peuvent endommager une pointe. Se passer d’un profil CPT dans ces zones expose à méconnaître l’épaisseur réelle des remblais ou la position de la nappe perchée, ce qui conduit fréquemment à des surcoûts de fondation ou des désordres de dallage.
Cadre normatif
NF EN ISO 22476-1 (Reconnaissance et essais – Essai de pénétration au cône), NF P94-500 (Missions géotechniques – classification et spécifications), Eurocode 7 – NF EN 1997-2 (Calcul géotechnique – reconnaissance des terrains), Guide technique LCPC – Réalisation des essais au piézocône (2004)
Prestations techniques associées
Sondages SPT en forage destructif
Quand le refus au CPT est atteint avant la profondeur souhaitée, notamment sur les schistes compacts de la rive gauche du Scorff, nous poursuivons la reconnaissance par sondage SPT avec enregistrement des paramètres de battage. Cela fournit l’indice N60 requis pour les méthodes classiques de calcul de capacité portante.
Essai de perméabilité in situ
L’essai de dissipation au piézocône donne une première estimation du coefficient de consolidation. Pour les projets d’infiltration des eaux pluviales sur le bassin versant du Ter, nous complétons avec un essai Lefranc ou Nasberg en forage pour obtenir la perméabilité réelle du terrain.
Paramètres typiques
Questions et réponses
Quel est le prix d’un essai CPT à Lorient ?
Le coût d’une campagne de pénétration au cône dépend du nombre de points, de la profondeur atteinte et de la mobilisation sur site. À titre indicatif, un essai CPT isolé dans la région de Lorient se situe entre 140 € et 220 € le mètre linéaire, incluant le rapport d’interprétation et les profils graphiques.
Quelle est la profondeur maximale atteignable dans le sous-sol lorientais ?
Cela varie fortement selon la géologie locale. Dans les alluvions de la rade et les limons du Blavet, nous atteignons régulièrement 20 à 25 mètres. Sur les plateaux schisteux de Ploemeur ou Caudan, le refus peut survenir dès 4 à 6 mètres si le socle est sain. Nous adaptons la capacité de fonçage (20 tonnes) en conséquence.
Quelle est la différence entre un CPT mécanique et un CPTu (piézocône) ?
Le CPT mécanique mesure uniquement la résistance de pointe et le frottement latéral avec un jeu de tiges internes. Le CPTu (piézocône) intègre un capteur de pression interstitielle derrière la pointe. Cette mesure de u2 est essentielle dans les sols fins de la région de Lorient pour détecter les argiles molles et les lentilles drainantes.
L’essai CPT est-il destructif pour le terrain ?
Non, il s’agit d’un essai in situ peu perturbateur. Le cône est enfoncé à vitesse constante (2 cm/s) sans rotation ni extraction de sol. Le refoulement est minime et le trou se referme après retrait des tiges, ce qui le rend adapté aux zones urbaines denses de Lorient comme le quartier de la gare ou Kerentrech.
Peut-on réaliser un essai CPT en zone de marée ou sur estran ?
Oui, nous intervenons régulièrement sur les zones d’estran de la rade de Lorient, à marée basse, avec un porteur adapté aux terrains mous. Nous planifions la fenêtre d’intervention en fonction des coefficients de marée et de la portance du sol pour éviter l’enlisement du matériel.
